Un chanteur, compositeur, et acteur américain fixe la règle du jeu, et ce depuis 1998 : Will Oldham alias Palace Brothers, Palace Songs ou Palace (tout court), et semble avoir porté son dévolu sur l’identité, tout aussi fantaisiste, de Bonnie « Prince » Billy, pour offrir ses oeuvres majeures, nourries de racines folk, et hillbillies. Mais quel que soit le nom figurant sur les pochettes de disques, il est considéré (en particulier en France, où ses disques et prestations scéniques restent unanimement appréciés), comme l’un des créateurs majeurs de la chanson américaine.
Très jeune, il découvre le théâtre, le cinéma et la musique punk et rock de son époque. Il écrit très tôt des pièces de théâtre, et monte sur les planches. Sa vie bascule à l’adolescence lorsqu’il interprète l’un des rôles principaux dans Matewan, de John Sayles (1987). En 1989, il abandonne ses études pour se lancer dans la musique.
Son premier album sort en 1993, signé par Drag City. There is no one what will take care of you est un album de country à l’ancienne, guitare acoustique et histoires effrayantes égrènent cet album fondateur.
Il devient rapidement populaire en France où il se produit régulièrement, puis enchaîne les albums, diversifiant et complexifiant sa musique, et affinant son style. Ses premiers albums sortent sous le nom de Palace Brothers, Palace Music ou simplement Palace.
Will Oldham, en février 2006Après Lost blues and other songs en 1997, il publie sous son vrai nom – Will Oldham – l’album Joya (1998), puis sous le pseudonyme Bonnie ’Prince’ Billy l’album suivant : I See a Darkness (1999). Il a notamment été accompagné par le guitariste David Pajo alias Papa M, ses frères Ned et Paul Oldham. Il est proche de la harpiste Joanna Newsom, et du jeune cinéaste Harmony Korine.
Ces dernières années, il a multiplié les collaborations musicales tous azimuts : le rappeur Sage Francis, le groupe de dark folk Current 93, le guitariste Matt Sweeney, avec le chanteur folk suédois Nicolai Dunger, avec le groupe de post-rock Tortoise.
En 2004, il a réenregistré un bon nombre de ses chansons de l’époque Palace avec des orchestrations très riches et avec des musiciens country de Nashville. Parfois méconnaissables, les chansons étiques et névrosées des années 90 sont métamorphosées dans ce disque presque sautillant : "Bonnie ’Prince’ Billy sings greatest Palace music"